• Elisa Azogui-Burlac

Troubles sélectifs alimentaires ou néophobie : tout comprendre !

Updated: Jan 3

Quand on commence à faire des recherches sur les troubles alimentaires, les résultats sont assez angoissants comme la boulimie ou l’anorexie. Les recherches sur les troubles sélectifs alimentaires, appelés aussi néophobie alimentaire ont commencé assez tardivement. Elles montrent que c’est un stade naturel chez l’enfant mais qui peut se renforcer dans certains cas suivant la personnalité de l’enfant ou son environnement.




Néophobie alimentaire - Qu’est-ce que c’est ?


La néophobie alimentaire se caractérise par le refus de consommer certains aliments par peur d’essayer des nouveaux mets. Elle toucherait 50 à 75 pour cent des enfants entre 2 et 6 ans. Considérée comme une étape normale de développement, elle disparaîtrait souvent après 7 ans.


“ Chez l’homme, elle s’avère ainsi universelle, mais correspond également à une période normale du développement de l’enfant (perspective de la psychologie du développement), ainsi qu’à une caractéristique plus ou moins marquée selon les individus (perspective différentielle).”


(Source: Nathalie Rigal, Maître de conférences en psychologie à l’Université de Paris 10, La néophobie alimentaire, un interdit naturel à combattre )


Dans sa thèse, La néophobie alimentaire chez l’enfant (1994 ), la psychologue Liliane Hans identifie 3 niveaux de néophobie :


  • Niveau 1 : L’enfant demande à goûter un plat avant de le consommer ; 39 % des enfants s’y situent.

  • Niveau 2 : L’enfant doit être fortement incité à essayer de nouvelles choses; 32 %.

  • Niveau 3 : L’enfant refuse catégoriquement tout aliment nouveau; jusqu’à 6 % des enfants se situeraient à ce niveau.

(Sources : Wikipédia Néophobie alimentaire et http://www.lasciencesimplement.fr/la-neophobie-alimentaire-chez-l-enfant/)


Les causes


Les causes sociologiques


Dans ses recherches Nathalie Rigal cite la sociologue ROZIN (1976) qui a développé la notion selon laquelle la néophobie alimentaire de l’homme était liée à sa condition d’omnivore. L’être humain est poussé à rechercher la nouveauté afin de subvenir à ses besoins purement physiologiques.


“ Cette recherche de nouveauté («néophilie»), nécessaire sur le plan de la survie, s’accompagne paradoxalement d’une angoisse d’incorporation (« néophobie ») : angoisse rationnelle liée à l’éventualité d’une intoxication; angoisse également de nature magique qui résulte de la croyance que les propriétés symboliques des aliments modifient notre identité.” (N. Rigal)


Les causes psychologiques


Les troubles apparaissent souvent au moment du NON à la petite enfance. L’enfant est alors à la recherche de son autonomie mais aussi de la sécurité en période de changement. Il recherche alors la sécurité des aliments familiers et rassurants et refuse aussi les choses nouvelles dans la relation d’opposition aux parents.


(source: http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/).


La vue et l’odorat


Des études montrent que l’enfant se crée une image visuelle de ce qui est acceptable de manger. Si l’aliment s’éloigne de cette image, il ne voudra pas goûter. C’est par la reconnaissance visuelle qu’un aliment sera accepté.


Certaines recherches ont aussi montré un lien entre l’hypersensibilité sensorielle et la néophobie. L’odorat a en effet une grande influence sur l’exploration des saveurs. Des études ont ainsi montré que les personnes souffrant de néophobie alimentaire percevaient les odeurs comme moins plaisantes. La néophobie pourrait alors être associée à la peur de vivre une mauvaise expérience olfactive.


(Source: https://www.alimentarium.org/fr/savoir/n%C3%A9ophobie-alimentaire-0)


Les modes éducatifs


Nathalie Rigal, en charge d’une étude au centre INRA de Dijon, qui a conduit à interroger 400 mères d’enfant entre 20 et 36 mois, montre qu’ un trop grand laxisme ou une trop forte répression quant aux pratiques alimentaires pourraient renforcer le caractère sélectif de l’enfant :


“ Finalement, un trop grand laxisme (peu de règles, prise en compte importante des goûts de l’enfant) accompagné d’une trop forte répression (énervement et punition) expliquent en partie le caractère sélectif de l’enfant. Le laxisme parce qu’il freine les apprentissages alimentaires de l’enfant qui ne consomme que ce qu’il aime. La répression parce qu’elle induit un climat négatif à table, alors que des études ont montré que le goût de l’aliment se construit en association avec la qualité émotionnelle du contexte de consommation : l’aliment sera d’autant plus apprécié qu’il est consommé dans un contexte chaleureux.” (N. Rigal)


(Source: Natalie RIGAL* * Maître de conférences en psychologie à l’Université de Paris 10, Nanterre. médecine et nutrition 2009 • Volume 45 • n° 4 • pages 1-5 1)


Les conseils


  • Proposer des aliments simples et identifiables au moment de la diversification alimentaire et du sevrage. Ainsi citée dans cet article, la reconnaissance visuelle de l’aliment est un élément clé de la consommation

  • Familiariser l’enfant aux aliments nouveaux (même présentation par exemple). Certains chercheurs disent qu’il faut proposer minimum 8 à 10 fois l’aliment avant d’arrêter

  • Créer un environnement émotionnel positif lors des repas et donner l’exemple en tant que parent.

  • Récompenser l’effort de l’enfant s’il a goûté

  • Éviter les tensions et les punitions . Comprendre que l'enfant n’est pas difficile mais qu' il a peur.

“Manger, contrairement aux croyances communes, n’est pas un acte simple. L’enfant doit apprendre à dépasser ses peurs pour en venir à apprécier des aliments qu’il rejetait au départ.” (N. Rigal)


  • Trouver la bonne balance entre laxisme et répression. Mettre l’enfant en position d’apprenti

“Il évolue dans un contexte où, mû par la force de l’habitude et son besoin de s’insérer dans son contexte familial et culturel, il s’approprie les normes proposées. À nous adultes de lui proposer une alimentation variée, où aucun aliment n’est proscrit et où le plaisir de goûter devient la coutume.” (N. Rigal)



Sources :

-Natalie RIGAL* * Maître de conférences en psychologie à l’Université de Paris 10, Nanterre. médecine et nutrition 2009 • Volume 45 • n° 4 • pages 1-5

http://www.nospetitsmangeurs.org/la-neophobie-alimentaire/

https://www.alimentarium.org/fr/savoir/n%C3%A9ophobie-alimentaire-0

Wikipédia Néophobie alimentaire

http://www.lasciencesimplement.fr/la-neophobie-alimentaire-chez-l-enfant/



Retrouvez mon témoignage de maman sur les troubles alimentaires de mon enfant : Troubles alimentaires : une douloureuse expérience pour les parents


Ecoutez aussi le podcast "Dans le ventre de Joshua":





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