• Elisa Azogui-Burlac

Témoignage : mon enfant pleurait tous les matins à l'école

Updated: Jan 3

S. vit à Paris avec ses trois enfants, son garçon de 4 ans qui a commencé l’école à la rentrée dernière et ses jumeaux de 20 mois qui sont en crèche publique. L'adaptation à la maternelle pour son aîné a été plus difficile que prévu avec des pleurs tous les matins. Une peur de la séparation qui était présente aussi lors du coucher et à d’autres moments de vie. Découvrez son témoignage et ce qu’ils ont mis en place avec l’école et à la maison pour l’aider à vaincre ses peurs et à ne plus pleurer en y allant !




Comment s’est passée l’entrée à l’école et comment s’est déclarée sa peur de la séparation ? Etait-ce un comportement nouveau ?


Mon fils est rentré en maternelle en Septembre, il était un petit peu décalé car il avait raté les premiers jours. Et dès le départ, l’adaptation et l’intégration au sein de sa classe a été un petit peu difficile. Surtout l’adaptation, car s’il s’est rapidement intégré et fait des amis, le fait d’aller à l’école et de se séparer le matin était compliqué.


Pourtant à la crèche et pendant les vacances on l’avait préparé sur son entrée à la maternelle, mais dès le début il pleurait le matin à la maison avant d’y aller et sur le chemin en y allant. C’est vrai qu’il était en micro crèche collective l’année passée dans un tout petit environnement et déjà à la fin de l’année, il avait commencé à pleurer les matins. Donc ce n’était pas forcément nouveau avec l’entrée en maternelle mais en revanche ça ne s’est pas arrangé.


Tous les matins on avait le droit à des pleurs, à des “je ne veux pas y aller, je veux rester avec maman”. Il n’y avait que moi qui pouvait l'amener à l’école d’ailleurs.


Cette peur de la séparation, notamment avec moi, était déjà présente chez mon fils dans vraiment tout. Refus que quelqu’un d’autre pousse sa poussette, pleurs à chaque séparation, même avec ses grands parents.


Donc les matins étaient parfois difficiles, il fallait que je le pousse en classe, que je l’empêche de me suivre, ou que je le donne à la maîtresse. Après, une fois que j’étais partie, ça se passait bien pour lui, il a toujours participé aux activités.


Cette situation a continué jusqu’en Avril. On se donnait des échéances avec son père et on en avait parlé à la maîtresse qui n’était pas inquiète. Du coup on ne voulait pas en faire un problème non plus même si on avait, c’est vrai, l’appréhension des matins. On ne savait vraiment pas comment se positionner car, en parler pouvait cristalliser le problème, mais faire comme si de rien n’était, n’aidait pas non plus.


Au mois de Janvier, après les vacances de Noël, on a essayé la technique de la carotte et du bâton, donc on punit ou on récompense s’il a pleuré ou pas le matin. Mais rien ne marchait et la maîtresse continuait de nous rassurer sur son attitude en classe.


Et c’est en Avril que l’on a fait le bilan et que l’on s’est dit que la situation durait depuis plus de 7 mois ! Notre fils pleurait toujours tous les matins, contrairement aux autres enfants. Du coup, on s’est demandé s’il n’y avait pas un problème de fond.


Comme on avait également de gros problèmes d'endormissement et de sommeil, on a décidé de s’attaquer en premier à ces problèmes là. Finalement, c’était les même scénarios qu’à l’école le matin, mais lors du coucher et il venait aussi dans notre lit la nuit.


Cette situation existait depuis plusieurs années mais un soir, exaspérés de ne pas réussir à le mettre au lit, on a été très autoritaires. J’ai laissé son père gérer le coucher sans intervenir et il l’a punit très sévèrement tout en lui interdisant de venir dans notre lit la nuit.


Et en fait, ça a coupé court à ses problèmes. Il était très fier et l’a même raconté à sa maîtresse. On l’a beaucoup valorisé à ce moment là.


Dans la foulée j’ai pris un rendez-vous avec la maîtresse qui m’a confirmé qu’il en parlait beaucoup et qu’il était fier de lui, qu’il disait qu’il ne dormait plus dans le lit de papa et maman. Donc on a profité de ce moment pour faire le point et se rendre compte que toutes ces peurs étaient liées entres elles, que ça soit le soir, à l’école ou à tout les moments de sa vie finalement.


Sur la proposition de la maîtresse, on a mis en place un tableau avec des smiley verts et des smileys rouges pour noter sa réaction le matin. Et tous les matins, avec la maîtresse en classe et le soir, avec moi en rentrant de l'école, on ferait le bilan de s’il avait pleuré ou non. S’il arrivait à avoir 10 smiley verts, pas forcément consécutifs, il aurait un cadeau.


On lui a bien tout expliqué et surtout on a mis une échéance, en lui disant que ça ne se ferait pas du jour au lendemain mais qu’il devait essayer de ne pas pleurer 10 matins. On a été les premiers surpris mais ça a marché tout de suite, dès le premier matin. Il a eu ses 10 bonhommes verts et il a eu un cadeau de ma part mais aussi de la part de la maîtresse.


Je précise qu’il y avait aussi un autre tableau que j’avais mis en place avec lui pour lui donner des repères durant sa journée. Je m'étais rendue compte qu’il avait du mal à positionner les différents moments de la journée quand il allait à l'école et le mercredi lors de ses activités. Du coup j’avais fait un tableau très graphique et ludique où il positionnait un trombone sur le bon jour et on revoyait sa journée et ses activités ensemble le matin. Les enfants ont besoin de repères et c’était aussi le moment où je lui expliquais quand je revenais le chercher et qu’au fond maman revenait toujours.



Et du coup, il n’y a jamais eu de smiley rouge ni à l’école, ni aux activités du mercredi. Il en a parlé à tout le monde, il était très fier. C’est même devenu la star du “je ne pleure pas le matin” ce qui nous a fait sourire.


Des conseils pour les parents ?


Déjà, pour mettre en place ces méthodes, il faut que l’enfant ait un certain âge. Il y a certaines méthodes que l’on ne peut pas mettre en place trop tôt. Même si c’est difficile pour nous, il ne faut pas être trop exigeant avec un enfant. Ça fait partie des aléas de l'éducation, des difficultés de la petite enfance et c’est juste normal. Il ne faut pas voir tout comme un problème, même quand c’est dur pour le couple et pour la famille. On s’est bien sûr dit que c’était dommage de ne pas l’avoir fait plus tôt. Mais au fond peut-être qu’il n’aurait pas été prêt plus tôt.


Il faut essayer aussi de ne pas trop intellectualiser ces sujets car quand on s'y intéresse trop ça n'aide pas forcément à trouver des solutions. Il y a un moment pour tout , des choses qui marchent en fonction des enfants. Nous ca a marché sans doute parce que c’était peut-être le bon moment et la bonne méthode pour notre enfant.


On lui a surtout dit qu’on était très fiers de lui quand il a eu ses 10 bonhommes verts. Mais maintenant, ce n’est plus un sujet. Il ne pleure plus le matin On ne continue pas à lui dire bravo. C’est simplement la vie normale de la même manière qu’il ne vient plus dans notre lit et que c’est normal aussi. C’est un chapitre clos et que peut-être d’autres s’ouvriront.


C’est quand même étonnant et surprenant de voir comment d’un coup, les choses se déroulent. On avait l’impression qu’on avait une énorme boule, une masse de noeuds emmêlés et progressivement les petits noeuds se défont. On se rend compte aussi que notre fils grandit et qu’il y a des étapes qui faisaient partie de son développement, qu’il est en train d’achever pour rentrer dans d’autres phases de sa croissance.


Pour aller plus loin, écoutez le podcast "C'est trop dur l'´école. Un petit garçon de 5 ans raconte sa vie à l'école, la cantine, les copains qui ne donnent pas la main et toutes les règles à suivre :


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