• Elisa Azogui-Burlac

Et alors, vous pensez à un troisième enfant ?

Updated: Mar 19

Il y a des questions qui sont universelles dans la vie d’un couple. Quand tu es un jeune couple c’est “alors c’est pour quand ? (le mariage bien entendu) ; quand tu es jeune mariée c’est “alors c’est pour quand? (un enfant bien entendu) et quand tu as deux enfants c’est “Vous pensez à un troisième?”.


Vous remarquerez que la question change quand on parle d’un troisième enfant. Si quelqu’un vous demandait “alors c’est pour quand ?” en parlant du troisième enfant comme si c’était naturel, facile, dans l’ordre des choses, ce serait quand même décalé.


L’ordre des choses est de se marier et de faire deux enfants : “Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants", non, non, nos contes modernes se terminent par “ ils se marièrent et eurent deux enfants”.


Parce que le troisième, qu’on se le dise, c’est une autre histoire, c’est passer cette frontière invisible qui nous unit à ceux qui en ont moins de trois et qui nous sépare de ceux qui en ont plus de deux. On l’a tous fait quand on parle de nos problèmes de parents, qu’on se compare, ce “Non mais je t'embête avec mes problèmes alors que toi tu en as trois”.


Je vais être honnête, pour moi ça a été une obsession le troisième. Du coup cette question du “Et vous pensez au troisième ?”, m’énerve, je la trouve intrusive, elle me fait douter, je dois me positionner, je me retrouve obligée de raconter ma vie et ma maternité pour expliquer pourquoi je ne veux pas de troisième enfant.


Alors je réponds un timide “ “Non non ça va, deux ça nous suffit” avec un petit sourire genre “Maman crevée/débordée” et puis cette réponse qui arrive toujours (mais toujours… !) “Et oui c’est crevant les enfants mais c’est merveilleux”. Petit sourire entre parents, on se comprend.


Mais cette question elle fait écho chez moi parce que je vous l’ai dit, dès l’arrivée de ma deuxième j’ai pensé au troisième. Quand je vois des familles avec trois enfants, je suis même jalouse ! C’est étrange ce n’est pourtant pas dans ma nature mais je les envie ces familles nombreuses. Je me dis “ ils l’ont fait les gars, ils l’ont fait”.


Et je me transforme moi-même en cette harceleuse énervante qui pose la question “Vous y pensez au troisième?” Et si la personne en face a le malheur de me répondre oui, je ressens comme un mur qui s'effondre en moi. Et là, je me retiens de poser toutes les questions qui me harcèlent : tu te vois là être enceinte de nouveau ? Et avec un nourrisson ? Reprendre pour 3 ans de bébé ? Tu te vois vraiment changer ton rythme de nouveau ?


Et pourtant, je n’ai pas envie d’un troisième enfant, vraiment rationnellement et affectivement, je ne veux pas d’un troisième enfant. J’ai plein d’autres projets pour moi et ma famille et puis je trouve qu’on commence finalement à sortir de la phase bébé, ce qui est très agréable.


Mais pourtant, il y a quelque chose, comme une sonnette d’alarme, un réveil interne qui sonne quand je pense au troisième enfant. Est-ce instinctif ? Est-ce une pression sociale ? je n’en sais rien.


Je suis allée faire un tour sur Google pour me sentir moins seule, vous savez en allant sur ces “forums’ où chacun partage ses solitudes solidaires. Et juste en tapant “Troisième enfant”, je suis tombée sur une panoplie d’articles et de témoignages de “vrais médias” qui nous expliquent pourquoi se lancer dans l’aventure du troisième enfant nous rendrait “plus heureux”. C’est presque une propagande contre la contraception !


Et en tapant “je veux pas de troisième enfants”, pour me sentir vraiment moins seule cette fois-ci, je découvre des articles au ton bien différent. Ce sont surtout des témoignages de femmes qui expliquent qu’elles ADORENT être enceintes, qu'elles ADORENT la maternité mais qu’elles ne veulent pas de troisième enfant.


Faudrait-il se justifier d’être une bonne mère et d’aimer nos enfants pour expliquer qu’on n’en veut pas un de plus ? Est-ce cette pression là que je ressens finalement ? Que si je n’en fais pas assez (d’enfants peut-être) c’est que je ne suis pas une “assez bonne mère”.


Peut-être, nos contes modernes se terminent -ils comme autrefois par “Et ils eurent beaucoup d’enfants” ? ….


Je n’ai pas forcément de réponse mais l’expérience Google a marché puisque je me dis qu’au moins je ne suis pas la seule à me prendre la tête et c’est toujours rassurant quand même de ne pas se sentir seule, non ?


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